Arguments de la semaine. Youri POLIAKOV: «Les premières sections de Sambo sont apparues en Lettonie après la guerre»

11 mars

L’autodéfense sans armes est originaire d’URSS, mais ce sport peut être maintenant qualifié d’international. Notre envoyé spécial a visité la Fédération de Sambo de Lettonie et s’est entretenu avec le président du conseil d’administration, l’entraîneur, Youri POLIAKOV.

— Youri, parlez-nous de l’origine du SAMBO en Lettonie ?

— Les premières sections de SAMBO sont apparues en Lettonie, plus précisément, à Riga, en 1947. Tout d’abord dans la société «Dynamo», plus tard dans le club sportif central «Daugava», dirigé par son entraîneur —enthousiaste, Igor MARKOTENKO. Un an plus tard, en 1948, le premier championnat a eu lieu à Riga, et en 1949, s’est tenu le premier championnat de Lettonie.

— Si j’ai bien compris, il s’agissait de compétitions purement locales. Mais, quand des samboïstes lettons ont rivalisé avec des athlètes d’autres villes d’URSS?

— C’était déjà en 1951. À Riga, il y avait eu des compétitions intéressantes dans la salle du cirque, avec la participation d’équipes de quatre villes: Leningrad, Moscou, Tbilissi, et bien sûr, Riga.

— Et qui avait gagné?

— Les sportifs géorgiens furent les vainqueurs et les samboïstes russes ont pris les deuxièmes et troisième places.

— Alors, les athlètes lettons n’ont pas obtenu de victoire. C’est dommage.

— C’était une bonne et indispensable expérience. Je dois souligner qu’en Lettonie, le SAMBO est apparu après la guerre. En URSS, 1938 est la date officielle de la naissance de l’autodéfense sans armes, lorsque le comité sportif d’URSS l’a inclus parmi les sports. C’est donc la date officielle, mais tout est né beaucoup plus tôt. Bien sûr, les Russes ont beaucoup plus d’expérience.

— Aujourd’hui, pensez-vous que les russes sont les meilleurs samboïstes?

— Certainement! En Russie, ce genre de sports de combat est cultivé, des compétitions et des championnats ont lieu constamment. La Russie investit beaucoup d’argent dans la préparation de ses athlètes. En Lettonie, on préfère les sports d’équipes tels que le basketball, volleyball, football, hockey. Cela fait longtemps que ces sports sont olympiques et il va de soi que le Comité Olympique Letton va développer et investir dans ce type de sport.

— Et concernant votre fédération, est-ce qu’elle reçoit quelque chose? Je parle de financement.

— Justement. Bien sûr, tout se résume à l’argent. On touche un peu, mais la Fédération de Sambo de Lettonie doit chercher des fonds elle-même pour les déplacements, les compétitions etc.

— Mais en Lettonie, il y a d’excellents athlètes dans ce sport. Prenons, par exemple, Vsevolods Zelionijs.

— Vsevolods est un grand sportif, mais maintenant il est plus impliqué dans le judo. Auparavant, Il était président de la Fédération de Sambo de Lettonie. Depuis quelques mois, je suis à la tête de la Fédération. Evidement, il y a des athlètes, dont la Lettonie peut être fière, par exemple, Victor Reshko. Il est médaillé de bronze aux championnats du monde et d’Europe de Sambo. C’est un grand sportif. Il participe aux compétitions dans la catégories — 100 kg. C’est un fort et beau mec. Il a gagné la médaille d’argent à la Coupe du Monde à Moscou en 2015.

— Est-il difficile de «remporter» une victoire contre les Russes?

— C’est difficile. Il y a de grands professionnels. Et ils ont de grandes potentialités.

— Je suis curieux, les Russes n’ont-ils pas attiré Viktor Reshko chez eux?

— Non, pourquoi faire ? Il y a assez de professionnels en Russie. Victor, c’est notre fortune lettone. Bien que la Fédération Russe de Sambo nous aide parfois, elle nous invite à certaines compétitions ou championnats et paie l’hébergement et les repas. C’est une aide précieuse pour nous. Bien sûr, je voudrais coopérer davantage avec la Russie dans ce sport. J’espère que le meilleur est à venir.

— Youri, j’ai l’impression que vous craignez que le développement du Sambo en Lettonie soit insuffisant . Ai-je raison ?

— Oui c’est vrai. Les beaux jours sont arrivés à la fin des années 60, et bien sûr, pendant les années 70 et 80. Par exemple, le premier championnat européen ouvert de Sambo a eu lieu à Riga en 1972. Depuis lors, la Lettonie a accueilli à plusieurs reprises les plus grandes compétitions internationales de Sambo. En 2007, le championnat d’Europe des Juniors et Espoirs avait lieu à Liepaja. En 2013, dans la capitale de la Lettonie, s’est tenu le deuxième championnat européen de Sambo des Cadets (âgés de 15 à 16 ans). Vous voyez, si dans les années 70 ou 80, il était possible de travailler et le soir d’aller au gymnase pour s’entraîner à fond, alors qu’aujourd’hui, c’est devenu presque impossible.

— Pourquoi ?

— On doit travailler pour nourrir la famille. Les entrainements n’apportent pas d’argent, c’est pourquoi de nombreux athlètes talentueux, au lieu de s’entraîner, sont à la recherche de revenus et de travail supplémentaires. Aujourd’hui, pour faire du sport, il faut de l’argent. Mais dans tous les clubs de Sambo à Riga il faut payer. Si les parents n’ont pas d’argent, comment l’enfant peut-il s’entraîner? Dans les régions de Lettonie, dans la petite ville d’Aluksne, les sections de Sambo sont gratuites, mais il y a encore un problème pour y arriver. Contrairement, à Riga, tout est payé. On croit que la capitale est mieux lotie.

— Youri, chaque sport a sa propre philosophie. Quelle est la philosophie de Sambo?

— Le Sambo n’est pas seulement une sorte de sport de combat et un système de lutte contre un ennemi sans armes, mais également un système d’éducation de qualité. Je pense.

— Vous planifiez des compétitions cette année?

— Certainement. Le 2 mars il y a eu des compétitions dans la ville de Daugavpils. Nous avons reçu la visite d’athlètes de Kaliningrad et de Biélorussie. Nous espérons que notre déplacement à Chypre aura lieu. Malgré tout nous vivons, en nous entrainant, nous progressons. Un tel sport demande une forte volonté!

— Merci de votre interview. Succès et victoires!

«Arguments de la semaine», Tatyana TIMUKA, envoyée spéciale dans les Pays Baltes.

«Аргументы Недели», Татьяна ТИМУКА, спецкор в странах Прибалтики